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Tranchant vs capacité de coupe : deux notions qu'on confond facilement

  • Photo du rédacteur: culilux
    culilux
  • il y a 58 minutes
  • 3 min de lecture

Partie 1 d'une série en 5 volets sur la géométrie de la lame et le comportement à la coupe :

La série :

  1. Tranchant vs capacité de coupe : deux notions qu'on confond facilement

  2. Pourquoi le tranchant s'use, alors que la capacité de coupe demeure

  3. Micro-biseau plutôt que reprofilage : comment préserver la capacité de coupe

  4. La migration de l'épaulement : pourquoi chaque reprofilage du biseau primaire transforme la lame

  5. La recette de la capacité de coupe des couteaux CULILUX

Prenons deux objets de test aux antipodes l'un de l'autre : une tomate et une carotte. Un premier couteau glisse dans la carotte sans effort, presque sans qu'on ait besoin d'appuyer – mais sur la fine peau de la tomate, il échoue presque : le fruit a tendance à glisser ou à s'écraser au lieu de s'ouvrir proprement. Un second couteau réussit exactement l'inverse : il tombe littéralement à travers la tomate tant il tranche net la peau – mais avec la carotte, il faudrait presque un coup de marteau pour qu'elle cède dans un craquement bien audible. Contradiction ? Pas vraiment. Ces deux couteaux excellent simplement dans deux disciplines différentes : l'un a plus de capacité de coupe, l'autre est plus tranchant.

Qu'est-ce que le tranchant ?

Le tranchant est une propriété du fil lui-même – cette toute dernière et infime lamelle d'acier à l'extrémité de la lame. Il dépend de la finesse avec laquelle ce fil s'amincit, de l'étroitesse de l'angle de coupe, et de la propreté du travail, sans bavure. Ce qui est appréciable avec le tranchant, c'est qu'il se mesure objectivement, par exemple avec le test BESS, qui indique en grammes la force nécessaire pour trancher un fil de test normalisé – ou, sans aucun instrument, à la facilité avec laquelle une feuille de papier se déchire sans pression. La tomate reste d'ailleurs le test pratique par excellence : si la peau se déchire ou glisse au lieu de s'ouvrir net, c'est que le tranchant fait défaut, quelle que soit la façon dont la lame est meulée derrière.

Qu'est-ce que la capacité de coupe ?

La capacité de coupe, elle, se laisse difficilement réduire à un chiffre. Il n'existe ni test normalisé ni instrument pour la mesurer : c'est plutôt une sensation qui se révèle au moment même de couper, et qui décrit tout le trajet de la lame à travers l'aliment, pas seulement le premier contact du fil. Ce trajet dépend presque exclusivement de la géométrie : si la lame reste fine derrière le fil, elle glisse avec peu de résistance. Si elle s'épaissit vite, elle s'enfonce comme un coin – et avec la carotte, c'est précisément ce que tu entends et ressens sous forme de craquement, quand le légume ferme est plus écarté de force que tranché proprement. C'est pourquoi la carotte est le contre-test naturel de la tomate : elle est assez ferme pour que ne compte plus seulement le premier contact, mais tout le trajet de la lame.

Pourquoi les deux sont indépendants

Le tranchant naît lors de l'affûtage du fil. La capacité de coupe, elle, naît bien plus tôt, lors du meulage de la forme de la lame, bien avant même qu'un fil ne soit créé. Un couteau peut donc théoriquement présenter n'importe quelle combinaison : tranchant et doté d'une bonne capacité de coupe à la fois (dans le doute, l'objectif à viser), seulement tranchant, seulement doté de capacité de coupe – ou, dans le pire des cas, ni l'un ni l'autre. Connaître cette distinction permet de juger un couteau avec plus de précision : le problème vient-il du fil, ou de la lame qui se trouve derrière ?

Et la suite ?

Dans la prochaine partie, nous verrons pourquoi le tranchant s'estompe un peu à chaque coupe, alors que la capacité de coupe reste étonnamment stable.

 
 
 

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